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Julie - 22 ans (Homosexuelle)
J’ai un gros aveu à faire à toute la planète : je ne suis pas comme les autres. Ma différence est simple: j’aime les filles. Jusqu’asteur c’est pas la fin du monde, mais c’est que je suis une fille. Vous voyez, ça m’écœure de savoir que je dois toujours le dire à chaque personne qui devient mon ami. Mais je le sais que pour vous c’est important que je sois honnête. Pour ceux qui se reconnaissent dans cette situation-là, je vous comprends parce que je sais que le moment où on se rend compte qu’on est homosexuel est très important pour le reste de notre vie.
Pis pourtant ça devrait pas être comme ça. Il ne faut pas que toute notre vie tourne autour de ce sujet. Je ne suis quand même pas juste une lesbienne, j’ai d’autres qualités. C’est vrai que des fois c’est difficile à vivre, mais c’est 100 fois plus difficile de rester cachée. Pis savez-vous quoi? Quand on le vit ouvertement, les gens autour de nous sont plus portés à être honnêtes face à leurs sentiments aussi. Plusieurs de mes chums filles et gars m’ont avoué que leur premier « bec » était avec quelqu’un du même sexe. Ça fait pourtant pas des homosexuels d’eux autres. Pis on s’en rend pas compte du jour au lendemain non plus. En tout cas, moi ça m’a pris ben du temps.
Ça commencé à 12 ans avec des petites jalousies contre le chum de ma meilleure amie. Je le trouvais chanceux de pouvoir la coller quand il voulait. Je comprenais pas pourquoi mon cœur se serrait à chaque fois que je le voyais y donner des becs… Je savais ce qu’être lesbienne voulait dire, mais je n’étais pas comme ça, voyons. J’avais pas les cheveux courts et je ne détestais pas les gars. J’étais même en amour avec un, je veux dire j’en bavais à chaque fois que je le voyais. Mais ça me tentait toujours de me coller avec ma meilleure amie et ça, je ne savais pas pourquoi. J’aurais aimé ça que quelqu’un me dit que c’était tout à fait normal, que j’étais pas la seule à qui ça arrivait. Comment de fois je me suis retenue de montrer ce que je ressentais vraiment. Déjà là, j’avais peur de ce que les gens allaient dire. Et ça, je le regrette beaucoup parce que j’ai failli y laisser ma vie.
J’ai eu ce qu’on peut appeler une adolescence extrêmement difficile, pas nécessairement parce que j’étais lesbienne, mais en conséquence à la réalité de ce que ça représentait à ce moment-là. Je m’étais repliée sur moi-même pour éviter d’être ridiculisée et je n’ai que rarement montré mes sentiments. Je n’étais pas une « reject », j’étais même assez populaire à l’école parce que j’étais beaucoup impliquée dans les sports et j’aimais ben avoir du fun. Et ça même si ça voulait dire faire comme tout le monde, c’est-à-dire parler des gars et faire comme si ça m’intéressait. J’ai eu la chance d’avoir de bonnes amies qui m’ont aidée à m’en sortir, mais j’ai surtout eu la chance d’avoir connu une personne en particulier. Je suis certaine que cette personne était mon ange gardien et elle l’est encore aujourd’hui à mes yeux. Merci beaucoup!
La chose la plus dure que j’ai eu à faire est de le dire à la première personne. On sait jamais à qui le dire en premier et comment. Il n’y a pas de façon particulière pour l’annoncer, mais de le faire à un souper de Noël devant toute la famille n’est pas la meilleure manière par exemple. La chose la plus importante c’est de le dire juste quand on est prêt et à une personne en qui on a confiance. Même si pour moi c’est sorti tout croche, c’était mieux que de garder ce secret toute ma vie. Dans mon cas, toute mon entourage s’en doutait ben avant que je leur dis. C’est sûr qu’à force de leur demander qu’est-ce qu’ils feraient si leur amie, fille ou sœur était lesbienne, le message était assez clair. Mais les jokes plates de tapettes, c’est passé date. Vous rendez-vous compte du mal que vous faites en les disant et c’est pire quand vous en riez. Anyway, soyez vous-mêmes, respectez les autres et ce que vous êtes et vous irez loin dans la vie. Mais soyez patient aussi, on ne peut pas demander à quelqu’un d’accepter tout de suite ce qui nous a pris toute notre jeunesse à comprendre.
Julie
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