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Hubert - 21 ans (Homosexuel)
Quand j’étais jeune, je savais déjà que j’étais homosexuel. Vous vous direz peut-être : « Comment pouvais-tu le savoir? » Et bien, dans ma tête, quelque chose me disait que je l’étais. À la maternelle, j’étais un enfant qui était plutôt seul, j’étais timide et je n’avais pas beaucoup d’ami(e)s. Cela était semblable à l’école primaire, sauf que je n’avais en grande partie que des amies filles. À la maison, j’avais seulement des voisines de mon âge et il n’y avait pas beaucoup de garçons.
Arrivé à la polyvalente, en 9e année, je me suis fait une petite amie en pensant que c’était juste une idée que j’avais d’être homosexuel. Mais j’aimais quand même cette fille… voilà donc la question que je me posais : suis-je bisexuel? De fil en aiguille, je réalisais que je n’étais pas bisexuel et ni hétérosexuel, que j’étais bel et bien gai. C’est alors que je me disais : non, c’est impossible, ça ne peut pas arriver à moi! C’est comme toute chose, ça ne peut jamais arriver à nous, mais seulement aux autres personnes.
J’ai donc pensé à faire une tentative de suicide, mais sans succès. Cela suivi d’une deuxième et aussi d’une troisième jusqu’à ce que je me dise : Wow! C’est assez! Je suis gai et personne ne peut et ne pourra changer ça. Faut que je m’accepte comme je suis et si personne ne peut le comprendre, je ne peux rien y faire. C’est donc à ce moment que j’ai commencé à travailler sur moi-même et sur ma santé mentale, car je savais que j’allais en avoir de besoin en raison des opinions des autres et avec tous les préjugés que certaines personnes ont à notre propos.
À l’âge de 17-18 ans, j’ai fait mon « coming out ». Je l’ai annoncé à certain(e)s de mes ami(e)s que j’avais beaucoup confiance en pensant : « si j’ai à perdre des ami(e)s, c’est aussi ben de perdre ceux qui me sont chers en premier ». Mais à ma grande surprise, ils et elles l’ont tous accepté. Voilà un gros poids d’enlevé sur mes épaules. Mais la seule chose que j’ai détesté quand ils et elles m’ont dit qu’ils m’acceptaient comme je suis c’ est : « tu es comme ça et c’est ton choix, nous l’acceptons ». Nous ne choisissons pas d’être homosexuel, car si j’avais eu un choix dans le temps passé sur mon orientation sexuelle, j’aurais choisi d’être hétérosexuel, ça m’aurait évité certains commentaires que les gens m’ont déjà dits.
À 18 ans, je l’ai annoncé à certaines de mes cousines des deux côtés (de mon père et de ma mère). Elles l’ont très bien accepté et en plus, ça nous a encore plus rapprochés. Mais là il me restait à le dire à deux principales personnes, c’est-à-dire à mes parents. Leur annoncer était une autre paire de manches. Et je ne savais même pas comment leur dire. Déjà que la communication n’était pas très bonne dans ce temps, ce n’était vraiment pas évident.
J’annonce alors à mes parents que j’étais homosexuel vers la fin de l’année scolaire. Ils étaient en train d’écouter une émission de télévision et ils décident d’aller se coucher. J’ai donc décidé de leur écrire une lettre expliquant comment je vivais mon homosexualité et que si j’arrivais à la maison après l’école et que mes valises étaient sur le perron, je comprendrais leur décision, car c’est difficile de penser que le plus vieux de la famille n’aura probablement jamais d’enfant, se marier avec une femme.
Le lendemain matin, mon frère qui est plus âgé que moi lit la lettre que j’ avais écrite et la donne à mon père pour qu’il puisse la lire aussi. Ma mère dormait encore et mon père s’en alla la réveiller pour lui annoncer la nouvelle. Sur l’heure du midi, à l’école, j’ai décidé de téléphoner mes parents pour savoir comment ils réagissaient à propos de la fameuse nouvelle. Mon père répond et je demande à parler avec ma mère. Il me dit : « Pourquoi tu veux parler à ta mère? Je ne fais pas l’affaire? » Et il se mit à rire. Ma mère répond. Je dis à ma mère : « Et puis? » Elle dit : « Et puis quoi? » « Bien la lettre que je vous ai écrite? » Elle me dit : « Bien tu es notre garçon et puis on va toujours t’aimer… tu es comme tu es. » Pas besoin de vous dire que j’étais soulagé d’entendre ça de un de mes parents.
Dans les relations amoureuses quand on est gai, c’est la même chose que chez les hétérosexuels. Nous aimons les sorties en couples, relaxer à la maison. Certaines personnes pensent que dans un couple gai, il n’y a que le sexe qui est important, mais c’est faux. Moi dans la relation amoureuse que j’ai, on aime se coller, aller se promener en voiture, aller au cinéma, aller regarder les avions se poser à l’aéroport de Moncton et les soupers en tête-à-tête. Donc, être homosexuel, c’est tout à fait normal.
Hubert
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